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Les Chroniques d'une Pendulaire

Les aventures d'une pendulaire à travers la Suisse. Les trajets quotidiens, les sorties (spontanées ou non) et autres posibilités ou occasions de prendre les transports en commun pour se déplacer sont à l'honneur sur ce blog.

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Et pourtant...

Chaque lundi, mardi et vendredi matin, je prends le ICN de Neuchâtel vers Lausanne à 06h21 et les habitués aussi. Pourtant, ces matins-là, il y a toujours de nouveaux visages. Je ne peux tous me les rappeler alors que d'autre oui. Pourtant je prends le même compartiment depuis quelques mois déjà.

Chaque mercredi et jeudi, je prends le ICN de Neuchâtel vers Lausanne vers 09h34 et je n'ai remarqué aucun habitué à cette heure-là. Pourtant je prends le même compartiment depuis quelques mois déjà. Des visages changent tout le temps et je suis surprise par le nombre de voyageurs sur ce trajet.

Le soir, malheureusement, pour rentrer chez moi, mon horaire de travail irrégulier concernant la fin de journée me ne permet pas de prendre régulièrement le train à la même heure. Pourtant... rare sont les habitués pour le ICN de Lausanne vers Neuchâtel soit à 19h45 ou 20h45 pour les lundi, mardi, jeudi et vendredi et 17h45 pour les mercredis.  Et pourtant...

Pourtant, j'ai l'impression que j'ai croisé des milliers de gens en quelques mois et si ce n'est pas le million... Depuis que je fais les trajets Ins-Lausanne via Neuchâtel d'avoir croisé le regard de plusieurs personnes sans me rappeler chacun d'entre eux. J'ai cette impression que toutes ces personnes se croisent et j'aimerai arrêter le temps pour quelques secondes. Arrêter le temps pour quelques secondes juste pour figer le moment et que je sois la seule à pouvoir modifier quelques trucs aux gens. Arrêter le temps pour quelques secondes juste pour ressentir l'effet d'arrêter le temps. Arrêter le temps pour quelques secondes pour évacuer le stress de toutes ses personnes bourdonnantes le matin en sortant des trains à l'heure de pointe. Arrêter le temps pour quelques secondes pour mettre en contact deux personnes. Et pourtant, j'ai cette impression de croiser des milliers de personnes sans jamais m'arrêter pour autant. Et pourtant, j'ai cette impression que je ne suis que de passage dans ces gares sans jamais m'arrêter pour autant. Et pourtant...

Je me remets en question concernant tous ses trajets faits jusqu'à maintenant et tous ses trajets à faire. Je me demande à moi-même dans le plus profond de moi-même : Pourquoi je fais ses trajets si ce n'est pour croiser le chemin de tous ces gens? Pourquoi je fais ses trajets si ce n'est pour, un jour, faire une rencontre incroyable? Pourquoi je fais ses trajets si ce n'est pour changer de décor matin et soir? Pourquoi je fais ses trajets si ce n'est  que pour faire des trajets en train? Et pourtant, je n'ai pas l'intention, pour le moment, de changer d'emploi. Et pourtant...

J'écris cette note sans raison particulière et dès que je me relis, je me dis que j'écris pour écrire et pour vider mon sac de ce sentiment bizarre que je ne sais pas quel mot serait le mieux pour le définit. Un sentiment d'indifférence, je dirai. Et pourtant, c'est assez bizarre comme sentiment parce que je ne me sens pas indifférente de ses gens transitant dans les gares pour se rendre d'un point à un autre. Que je ressemble à ce troupeau cotonneux de mouton qui ne pense qu'au Dodo-Train-Boulot-Train-Dodo et ainsi de suite jusqu'au "week-end" ou au prochain jour de repos. Pourtant, lorsque je rentre chez moi, l'heure de pointe est passée depuis un moment et que j'ai une place pour m'asseoir. Par chance, j'ai toujours eu une place où m'asseoir. Je dois faire parti de ses moutons noirs et qui va, de temps à autre, en contre sens. Et pourtant...

Et pourtant...
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